Invité à
Marseille par l’association Nuits Métis pour présenter ses
travaux artistiques au public de la cité phocéenne, Maab Elhad,
poète, photographe, calligraphe mais aussi gendarme a rencontré
les membres de la communauté comorienne, notamment les plus
jeunes. « Je suis très heureux aujourd’hui d’être à
Marseille, et surtout de rencontrer les jeunes comoriens » a
déclaré Maab Elhad pendant qu’il dédicaçait son livre, Kaulu
la mwando, à Karthalah musique, boutique dédiée à la culture
noire. « La poésie c’est un art qui se lit très peu,
déplore l’artiste, voilà pourquoi j’ai décidé de la
promouvoir jusqu’ici ». C’est justement ce qu’il a
réussi à faire à la Savine, quartier nord de Marseille où il
s’est livré pendant près d’une heure à une séance de
calligraphie avec les minots du quartier. « J’ai essayé
d’inciter les enfants à jouer avec les mots et à prendre plaisir
à l’écriture » a expliqué le poète à la fin de la séance.
Pari réussi, car les enfants ont montré leur enthousiasme. « Nous
sommes contents de travailler avec lui, confie Maissara, 12
ans. Il nous a parlé de la poésie et de bien d’autres
choses ». Mariama, elle, dit pourquoi elle aime la poésie : « parce
que c’est doux, ça rime et parfois c’est calme, ça donne plus de
mots ». Et à partir des mots choisis par les petits, un
poème a été composé dont voici des extraits : J’aime la
Savine, quartier où je suis né. Ici nous sommes entre voisines,
nous respectons nos aînés.
Avec d’autres
jeunes des quartiers de la Gavotte et de la solidarité, Mab
travaille à la création d’un spectacle sur les thèmes du
silence, de la parole et de l’exile qui sera présenté lors du
prochain festival marseillais.
Après sa
tournée agréable des quartiers marseillais, Maab Elhad, poète
engagé, devrait regagner les Comores ce mardi et reprendre son
métier de gendarme qu’il exerce avec tant d’enthousiasme depuis
vingt ans.
Kweli/30/07/
|
|
|