Ali Mmadi, Mayotte un vrai tabou > Essai
« La décolonisation des Comores n'est pas achevée, elle le sera lorsque la France aura rendu aux Comoriens l'île de Mayotte qu'elle occupe illégalement depuis 1975 ». Cela est-il possible ? Pour quand et comment ? Autant de questions soulevées par Ali Mmadi, directeur de « Kweli », le magazine des Comores en France.
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Un autre regard sur l’actualité

 

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La loi fondamentale est sujet de critiques

Ils étaient plusieurs centaines de comoriens de trois îles, réunis le jeudi 10 mai, en face du palais du peuple, bâtiment symbole de lieu où a été proclamé le 6 juillet 1975, l’indépendance des Comores. Cette marée humaine a fait ce déplacement pour réfléchir et apprécier la conduite à tenir pour trouver ensemble la solution appropriée sur la crise anjouanaise.

Convoquée sous l’ombre du Président de l’Union, cette assemblée générale s’est achevée en queue de poissons.  Le premier intervenant de la rencontre, le Grand Mufti de la République, Said Toihir ben Said Ahmed Maoulana s’est attelé sur le rôle des ulémas dans une société en conflit. Il a laissé aux  politiciens pour expliquer les tenants et les aboutissants des agissements de l’homme fort d’Anjouan.

Le vice-président de l’assemblée de l’Union, Mohamed Djanfari, originaire d’Anjouan, a fait comprendre à l’assistance que des ressortissants des îles, Moheli, Ngazidja et Anjouan, tirent les ficelles sur ce qui se passe actuellement à Anjouan. Aussi, une puissance étrangère (La France ndlr) s’ingère dans cette crise. « Pour  dénouer cette crise, nous demandons à Ahmed Abdallah Sambi de prendre le devant, en portant une casquette de président/gendarme. Nous le suivrons derrière » a-t-il indiqué, avant d’accuser : « la loi fondamentale du pays est à l’origine de ces tiraillements. »

Le tour viendra au député de Moheli, Oukacha Mohamed, d’abonder sur le propos de son collègue anjouanais.

Pour le délégué de Ngazidja, Dr. Mouhtar Ahmed Charif, « les comoriens doivent chercher les solutions à cette crise avant qu’il ne soit trop tard. Pas seulement sur celle d’Anjouan, Mayotte aussi », a insisté Mouhtar Ahmed Charif avant de lancer des propositions de sortie de crise. Selon lui, « Le président Sambi doit se démarquer. Nous devons choisir dans les prochaines élections, des présidents qui aideront ce premier magistrat du pays à dénouer cette crise. Enfin, nous devons mettre en veilleuse la constitution et songer à doter le pays d’une autre loi fondamentale applicable. »

Une déclaration a été à cette occasion rendue publique. « La réconciliation hautement acquise est désormais du domaine du bien public et que l’unité nationale, l’intégrité de notre territoire, notre cohésion sociale et notre indéfectible et historique fraternité, sont des valeurs et des principes cardinaux que nous entendons défendre. »

La rencontre s’est terminée en queue de poisson. Des participants estiment qu’ils ont fait le déplacement pour apprendre ce qu’ils ne savaient pas et non d’écouter la même chanson. Pour eux, les vraies solutions ne sont pas proposées. « Il faudrait nous séparer pour mieux nous unir. » D’autres, laissent croire qu’il faut organiser « un referendum populaire » à Anjouan pour demander aux anjouanais s’ils veulent ou non, intégrer la République.

Les missions de bons offices de la communauté internationale auraient accouché d’un accord qui, vraisemblablement, serait signé le samedi 11 mai, entre l’Union africaine et le colonel Mohamed Bacar. Ce qui laisse dire, qu’en vérité, c’est lui qui détient la présidence tournante qui échoit à Anjouan, et non Sambi. Réagissez à cet article.

de M.K. l'un de nos correspondants à Moroni

Kweli/11/05/07