Idriss et Mtara entrent en compétition
La
campagne des présidentielles des îles a déjà épuisé 18
jours. Les candidats deviennent de plus en plus visibles
et rugueux. Chacun essaie de convaincre le plus grand
nombre d’électeurs à travers des programmes de société
et de discours bien choisis. Au nord de la Grande-Comore,
les candidats Idriss Mohamed et Mtara Maécha ne battent
pas campagne avec des mains mortes.
Idriss Mohamed procède à « une campagne de
proximité » pour répandre son programme centré sur trois
grands axes : La lutte contre la pauvreté, la lutte
contre le séparatisme et la mise en place d’une fonction
publique opérationnelle et efficace. Idrisse Mohamed, un
des militants à la première heure du parti
révolutionnaire (le FD), malgré son désaccord avec les
dirigeants actuels, ne se limite pas à la tenue des
meetings dans les grandes agglomérations. Il confronte
ses idées à des échanges dans des cercles réduits, en
milieu rural surtout. Offrir à tous les mêmes chances
pour sortir de la pauvreté, demeure le credo de sa
candidature qui compte placer l’entreprise au centre de
ses préoccupations premières.
L’homme
reste persuadé que le séparatisme n’est pas derrière
nous, bien au contraire. Il veut donc « ramener Ndzouani
au sein de l’Union, engager le débat sur une charpente
constitutionnelle, répondant aux aspirations du pays et
garantissant l’unité de l’archipel, composé de quatre
îles. » Dans le domaine de la fonction publique, le
candidat Idriss s’engager à consacrer la première année
du quinquennat, une fois élu, à une mise à niveau
progressive de la fonction publique de Ngazidja pour
aboutir à une masse salariale compatible avec les moyens
de l’île.
De son
côté, le candidat Docteur Mtara Maecha, absente
durant les deux première semaines de la campagne, a
préféré se lancer dans la bataille, le mercredi 16, à
Mitsamiouli, sa ville natale, devant tous les délégués
de son parti, le Rdr (Rassemblement pour la démocratie
et le renouveau) et des représentants de toutes les
régions de Ngazidja. Ce rassemblement, lui a permis
d’éclairer son staff sur son projet et sa stratégie de
campagne. « Vous m’avez choisi, de vous représenter à
cette élection. Je vous demande, par conséquent, de
redoubler vos efforts pour mener à bien cette campagne
électorale », a-t-il dit. Ne s’étant pas appuyé sur le
dos de la cuillère, Dr Mtara Maécha a axé son projet de
société sur plusieurs axes, notamment l’éducation, la
santé, l’environnement, le tourisme… Pour lui,
l’éducation doit être « l’apanage de l’Etat ». Le
candidat reconnaît que sa génération et bien d’autres en
ont bénéficié, pour leur formation, des moyens de l’Etat.
« Pourquoi pas les autres ? » s’est-il interrogé avant
d’annoncer ses solutions : Rendre l’école publique plus
efficace et compétitive, cela en renforçant ce secteur
en état de dégradation lamentable. En ce temps-là,
l’école privée qui est aujourd’hui obligatoire,
deviendra un choix, selon le docteur candidat.
Au
niveau de la santé, Dr Maecha estime que le constat est
amer. Au-delà du plateau sanitaire du pays qui ne répond
pas aux besoins de la population, se pose un autre
problème sérieux qui se résume à l’incompétence du
personnel soignant. Des ressources humaines devant être,
à chaque fois, recyclés ; ce qui n’est pas le cas à
l’état actuel des choses. Parole d’un connaisseur.
Des
efforts doivent être en vue pour favoriser le
développement du secteur privé. « Tous les enfants
comoriens ne doivent pas s’attendre que la fonction
publique devienne leur seul employeur, » a-t-il
expliqué. De ce fait, tout doit être mis en œuvre pour
désengager cette fonction publique qui ne recrute plus.
Dr Maécha projette de mettre un accent particulier sur
l’environnement. A cet effet, la lutte contre les
ordures ménagères mérite une attention particulière et
il s’engage, dès les trois premiers mois, une fois à
Mrodjou à s’atteler sur l’éducation, la santé et
l’environnement. Interrogé sur ses rapports avec le
président Sambi, Dr Mtara Maécha a laissé entendre que
le bilan de sa première année est négatif et qu’au cas
où la nécessité de changer la constitution de l’Union se
faisait sentir, il consentirait, à condition qu’une
telle révision puisse être en faveur des Comoriens. Réagissez à cet article.