La
Diascom se lance dans la lutte contre les
discriminations
La coordination des
associations de la Diaspora comorienne de France a
organisé, samedi 19 mai 2007, à Vénissieux, sa deuxième
université annuelle axée sur la jeunesse d’origine
comorienne et sur la lutte contre les discriminations.
Un
véritable débat a été animé en présence de deux
psychologues, de plusieurs personnalités dont le maire
de Vénissieux, M. André Gérin et le conseiller à
l’ambassade des Comores à Paris, M. Abdallah Mohamed.
« Pendant très
longtemps, les pouvoirs publics ont nié l’existence des
discriminations raciales, a expliqué Mradabi Ali,
secrétaire général de la Diascom. Et malgré les
études de plus en plus nombreuses faisant le constat du
désormais incontestable fléau des discriminations
raciales, les mesures pour endiguer ce mal qui ronge
notre société n’ont jamais été portées à la hauteur de
la gravité du phénomène ».
Cette rencontre de
Vénissieux s’est inscrite donc dans la démarche de
sensibilisation, de réflexion et de mutualisation des
expériences en matière de lutte contre les
discriminations, initiée par la Coordination dès le
début de l’année 2007.
L’initiative a été
saluée par tous les participants : jeunes, parents et
responsables associatifs qui n’ont pas hésité à prendre
la parole pour témoigner et donner leur avis.
Mme Ahamada Mmadi Amina,
élue au Conseil municipal de Vénissieux, a tenu à
expliquer aux jeunes la différence entre intégration et
imitation. « S’intégrer, a-t-elle dit, ce
n’est pas se comporter comme les autres, c’est plutôt
vivre en respectant les autres et les règles de la
société. » Et d’ajouter : « Nous les Comoriens,
nous avons une identité à respecter. »
Soilihi Achkal partage
la même réflexion, mais ajoute que : « Si nous
voulons que nos enfants s’intègrent bien ici, nous
devons leur apprendre notre culture. »
Sauf qu’une jeune fille
s’est aussitôt levée pour accuser le comportement des
parents comoriens : « La démarche pour s’intégrer
dans la communauté comorienne est très difficile, car
nos parents ne veulent même pas nous parler en comorien. »
C’est à l’image de ces
échanges que le débat a été tenu pendant plus de trois
heures de temps entre jeunes, parents et psychologues.
Il a été clos par ailleurs par un véritable spectacle
des jeunes artistes, tous venus de Paris, Marseille et
Lyon, puis par l’assemblée générale de la Diascom qui a
tiré le bilan de l’année écoulée et tracé les
perspectives de cette année 2007.Réagissez à cet article.
kweli
/27/05/07