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M. Abdouloihabi, peut-il être battu? A sa place, on aurait mille et une raisons de croire en la victoire. Mohammed Abdouloihabi, ancien directeur de cabinet du président Sambi, est arrivé en tête au premier tour de l’élection présidentielle de Ngazidja (16,55%). Candidat du pouvoir et soutenu par tous les ténors de la mouvance présidentielle, il est considéré comme le favori de ce second tour qui l’oppose au candidat du Ridja, Me Said Larifou qui avait obtenu 14,39%. Cela va-t-il lui suffire pour remporter cette élection ? Ou va-t-il se dégonfler face à la pression populaire que tente de lui imposer son adversaire? Analyse. On aurait pu dire que les carottes sont cuites, que le scrutin de dimanche à Ngazidja n’est qu’une formalité de plus pour la candidature d’Abdouloihabi, vu l’armada de moyens et de personnalités à ses services. La victoire paraît évidente pour lui. D’abord mathématiquement, si on compte le nombre d’ex-candidats qui se sont rangés derrière lui, puis théoriquement, si l’on sait que rien ne peut empêcher aux Comores les mascarades électorales ni la corruption souvent organisée par l’État. Et pourtant croire que la victoire est acquise ou qu’elle serait facile à décrocher, serait trop risqué pour lui. Car le climat qu’il juge favorable jusqu’à présent peut virer à l’orage dimanche soir et transformer les fruits d’une victoire assurée à un goût amer. Face à M. Abdouloihabi, un candidat redoutable qu’on a voulu éliminer par truquage dès le premier tour est toujours présent. Avec ses méthodes. Son engagement et sa détermination. Il est porté par un mouvement populaire exceptionnel et un parti politique qui ne veut renoncer à rien. Ils veulent se battre jusqu’au dernier moment. Pour gagner ou perdre légalement. La moindre tentative de triche peut conduire à la guerre civile. On a vu les prémices quelques heures seulement après le premier tour. Alors, quelles sont les clés du scrutin de Ngazidja ? Il y en a au moins trois. D’abord le report des voix. Sur ce point, le candidat du pouvoir a pris le large. Plusieurs candidats se sont engagés derrière lui. Mais tout le calcul des scores de ces candidats ne fait toujours pas 50%, ce qu’il faut recueillir absolument pour être élu. Deuxième problème, c’est que les électeurs comoriens ne sont pas des militants. Ils votent selon divers critères, ce qui fait penser qu’ils ne suivront pas forcément un consigne de vote donnée par tel ou tel ex-candidat. Ensuite l’abstention. Au premier tour, elle avait frôlé les 40 % des inscrits. Celui qui aura réussi à faire déplacer au moins 10 % des abstentionnistes, il est susceptible de l’emporter. Logiquement, celui qui est mieux placé pour réaliser un tel exploit, c’est sans doute le candidat du Ridja grâce à son dynamisme avec la jeunesse. Enfin le vote local. Il est capable de faire basculer le scrutin. Un vote massif dans le Mbadjini (plus de 34 000 électeurs inscrits ) et dans le Hammahamet (plus de 18 000 électeurs) en faveur de Me Larifou suffirait pour provoquer la surprise et faire plier le candidat du pouvoir. Or, ce scénario est plus que probable. Au regard donc de tous ces éléments instables, on est obligé de dire aux uns et aux autres que rien n’est joué, que la journée du dimanche va être longue pour les états-majors des candidats. M. Abdouloihabi peut donc perdre ce scrutin et Said Larifou peut devenir, contre tout attente, président de l’île de Ngazidja. une chose est sûre: tout va se jouer dans un mouchoir de poche. Nalayélé bassi. Kweli 23/06/07
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