A deux mois des
élections présidentielles des îles autonomes, Ali Mmadi tente
d’orienter un débat électoral qui risque d’être désespérant.
Dans « Au nom des îles » paru aux éditions Les Belles Pages,
l’auteur exige des critères pour les candidats et un choix
cohérent pour les électeurs.
« Etre
candidat pour le prestige, pour raconter des histoires aux
Comoriens ou pour poursuivre des ambitions personnelles serait
suicidaire pour les Comores d’aujourd’hui et de demain ».
Le message est clair. Il est destiné à tous ceux qui prétendent
porter le sort des îles Comores pendant les cinq prochaines
années. Chacun doit d’abord être porteur d’un véritable projet
de société qui permettra un autre lendemain aux habitants des
îles Comores. « Aucune candidature, martèle Ali Mmadi, n’a
de sens que si elle est faite pour changer les choses ».
L’exigence de
réponses concrètes aux préoccupations des populations est plus
forte dans ce livre où l’auteur se contente de poser les
problématiques et laisser aux candidats le soin d’y répondre et
de proposer des solutions pendant la campagne électorale. Et
parmi les principaux thèmes évoqués dans Au nom des îles :
l’éducation, la santé, la lutte contre la pauvreté, la bonne
gouvernance…
L’autre message du
livre s’adresse aux électeurs, les « juges de paix » à qui
revient le pouvoir de désigner les dirigeants. On leur demande
de tirer les leçons du mandat des premiers présidents des îles
qui « s’est transformé en échec ».
« Voter pour
l’homme ou la femme du village, de la région ; pour celui qui
distribue le plus d’enveloppes ou pour celui qui a le beau
discours, est un geste périlleux pour un peuple qui attend un
changement rapide ».
Cela a conduit l’auteur à décliner le portrait du candidat
idéal. Résumons ses qualités : compétence, honnêteté et amour à
la nation comorienne.
Notre pays
est dirigé par un gouvernement inactif.
D’autres questions
notamment institutionnelles sont abordées dans ce livre. Les
institutions comoriennes « mal conçues nous privent de toute
consolidation et enfouit l’État dans un régime hybride, et bien
sûr complexe », affirme Ali Mmadi avant d’exiger une
révision constitutionnelle « si on veut vraiment limiter les
conséquences de ce système alambiqué ».
Quant au
gouvernement de l’Union, l’auteur se montre très critique. Il
l’accuse d’entretenir les privilèges « alors que le Président
Sambi avait déclaré qu’il n’avait pas de gâteau à partager ».
Il dénonce par ailleurs l'inertie. « Ça
fera bientôt un an que notre pays est dirigé par un gouvernement
que l’on peut qualifier d’inactif. Et pourtant, à défaut
peut-être d’alternative, le Président s’y accroche »,
regrette Ali Mmadi avant de livrer un conseil: « Dans une
société organisée et bien conduite, le choix des ministres, des
directeurs d’établissements publics et même des collaborateurs
est considéré comme une tâche ardue. Car il faut mettre la bonne
personne au bon endroit et, en cas d’erreur, en tirer
immédiatement les conséquences ».
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Kweli/17/03/2007
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