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Dr. Kassim met le collège des sages à la disposition des pouvoirs publics et des gouvernements

   

 

Docteur Kassim Said Hamadi, est président du Collège des Sages crée en juin 2005. Lors de son passage en France, nous l’avons rencontré pour en savoir plus sur cette institution « intermédiaire » entre les pouvoirs publics et le peuple comorien.

Kweli : D’où est-elle venue l’idée de créer un collège de Sages aux Comores ?

Docteur Kassim Said Hamadi : Au moment de la colonisation des Comores, le colonisateur a trouvé un pays organisé et qui avait une identité propre, c’est pourquoi ils l’ont gouverné avec respect. Aujourd’hui, nous sommes indépendants, il a eu des changements certes, mais avec un grand désordre. Nous avons décidé de créer cette institution pour essayer de remettre de l’ordre dans le pays. Qui d’autre que nous les sages est capable de remplir cette mission et de répondre aux problèmes des Comores.

Quel est donc son statut ?

C’est un ONG issue de la société civile, la plupart des membres ce sont des hauts commis de l’Etat à la retraite : ancien professeurs, ex-ambassadeurs, anciens ministres, des hommes d’affaires, des Oulémas et des notables. Tous, ont fait le grand-mariage et ont atteint un certain âge (50 ans). Toutefois, les jeunes qui soutiennent nos idées seront les bienvenus.

Quelles sont les missions du Collège ?

Elles sont symbolisées par notre devise : valeur, paix et développement. Vous constatez que dans ces mots il y a beaucoup de choses, notamment dans le mot développement. Nous devons rétablir et préserver l’identité nationale, notre héritage culturel, car c’est cela qui fait la dignité des Comores.

Quelles sont vos relations avec les pouvoirs publics ?

Nous avons une mission d’intermédiaire entre le peuple et les pouvoirs publics. Au niveau du peuple par exemple, il y a des conflits interrégionaux, c’est à nous d’intervenir et les dénouer. Nous avons un rôle à jouer au niveau de l’éducation nationale et le parachèvement du processus de réconciliation nationale. Nous sommes ainsi à la disposition des pouvoirs publics et des gouvernements pour tout éventuel conseil.

Pensez-vous disposer d’une voix audible ?

Nous avons un devoir d’avertir et d’alerter sur tous les sujets de notre société. Vont-ils nous nous écouter ? Je n’en sais rien.

Comment votre collège est-il perçu par le gouvernement de l’Union?

Nous avons rencontré à maintes reprises les gouvernants de toutes les échelles du pays, mais on constate une réticence, notamment de la part des représentants de l’Union. Cependant, nous avons le sentiment d’être pris au sérieux.

Parmi les objectifs de votre organisme, c’est l’instauration des commues, quel serait votre rôle ?

Nous ne voulons pas imposer quoi que ce soit. On sait très bien que l’instauration des communes demande une concertation avec le peuple, notamment pour la délimitation des frontières communales. La procédure, par exemple, proposée par le gouvernement de Ngazidja est inapplicable. C’est pour cela qu’elle a été rejetée et invalidée.

Que comptez-vous faire pour la réconciliation nationale ?

Qu’on le veuille ou pas, les Comoriens sont appelés à vivre ensemble, et donc à s’entendre. Maintenant le séparatisme est apparu, c’est un fait à ne pas nier.

Des tentatives de réconciliation ont été engagées, notamment par voie diplomatique à l’initiative de l’organisation des Etats africains. Rien de tout cela n’a marché, d’où le problème et les tentions actuels entre l’Union et Anjouan. Le collège des sages pense que ce problème doit être réglé par les Comoriens eux-mêmes dans le respect et la confiance. Nous demandons que l’Etat nous aide à rencontrer tous les Anjouanais en Grande-Comore puis à Anjouan pour tenter de trouver une solution. Nous pensons qu’il faudrait profiter de cette présidence anjouanaise pour résoudre ce problème.

J’admets que Fundi n’est pas un polititien, mais un grand croyant qui essaie d’organiser le pays. Il doit donc se faire conseiller. Le collège a été crée pour cela. C’est à lui maintenant de jouer le jeu.

Vous dîtes que le collège est composé de beaucoup d’anciens hauts fonctionnaires, cela n’entacherait pas sa crédibilité?

Ce que je crois savoir, c’est qu’il y a un problème dans le pays à résoudre absolument. Notre bonne volonté ne doit pas être mise en cause du seul fait que parmi nous il y a des anciens hauts fonctionnaires. Ils ont pu changer, il faut les croire. Je dirais même qu’ils n’ont pas commis que des erreurs. Beaucoup d’entre eux ont beaucoup travaillé pour l’intérêt du pays. Je rappelle que la crise comorienne est de la responsabilité de tout le monde.

Pensez-vous que la notabilité a un rôle à jouer aujourd’hui ?

Son rôle c’est la paix. Elle a une certaine puissance au niveau de la population. Tous les conflits entre villages, c’est elle qui réussit le mieux à les résoudre.

Cela caractérise la défaillance de l’Etat…

Ce ne sont pas des juges, ils agissent en cas de mésententes qui peuvent aboutir à des complications. Vu le contexte économique du pays, je trouve que les sanctions coutumières ont un intérêt économique car ça évite le recours devant le juge. Quelque soient les forces de l’Etat, celui-ci a besoin du respect des coutumes et traditions.

Que dîtes-vous des critiques formulées à l’égard de la coutume et des notables ?

Les auteurs n’ont rien compris de la coutume. C’est avec le recul que je dis cela aujourd’hui, moi qui l’ai beaucoup critiquée il y a un temps.

J’ai fini par faire le grand-mariage pour participer aux débats et aux réflexions de la société. Et ça c’est une nécessité.

Kweli, le 17 /01/07

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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